Pascal Speter

Consigne plastique : le vrai du faux

Le projet de loi Économie circulaire place le retour de la consigne au cœur des débats. Le Gouvernement souhaite ainsi atteindre un taux de collecte des bouteilles et bouchons de plastiques de 90%. Cette mesure phare du projet de loi pour lutter contre la pollution plastique est contestée. Nous vous proposons de démêler le vrai du faux.

❌FAUX
La consigne ne sera pas utilisée par les consommateurs qui ne ramèneront pas leurs bouteilles en magasin. 
Actuellement 86% des emballages boisson en verre sont déposés dans les points d’apport volontaire. Le dispositif de la consigne incitera les consommateurs à s’approprier la consigne en leur remboursant le surplus payé lors de l’achat de la bouteille.

❌FAUX
Monétiser ce geste bien intégré est un vrai recul dans la prise de conscience écologique. 
On peut en effet regretter la monétisation du geste mais l’incitation financière est le meilleur vecteur pour changer les comportements. 

❌FAUX
Le 
consommateur devra peut-être prendre sa voiture pour rapporter la bouteille dans une grande surface au lieu de la glisser dans la poubelle jaune. On peut estimer que les consommateurs ne feront pas le trajet uniquement pour recycler leurs bouteilles mais pour faire leurs courses et profiteront de ce moment dédié aux courses pour déposer leurs bouteilles au magasin. 

❌FAUX
La consigne sera trop chère pour les consommateurs 
: le montant de la consigne varie en Europe de 6,6 à 40 centimes d’euros par emballage. C’est un facteur clé de réussite. Tous les observateurs s’accordent à considérer qu’un montant inférieur à 0,10 euro n’aboutit qu’à de faibles retours. 

✅VRAI
La modernisation des centres de tri engagée par les collectivités va être freinée. 
Il est vrai que cette modernisation, qui devait se terminer fin 2022, est freinée actuellement. Il y aura sans doute un retard de mise en œuvre. Mais la modernisation des centres de tri devra être menée à son terme. 

❌FAUX
La consigne est un cadeau aux lobbys de la boisson 
: afin d’apaiser les craintes, la 
Secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire a proposé un amendement pour reverser les sommes perçues lors de la mise sur le marché des produits consignés qui ne seront pas rapportés mais collectés par les collectivités dans le cadre du service public de gestion des déchets (« le bac jaune »).

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